MEXIQUE : Zanatepec - Palenque (6 décembre - 16 décembre 2015)

En quittant notre hôte Rodrigo, nous rejoignons le parcours que nous avions emprunté 22 ans auparavant avec notre copain Gaby.

1993 Bivouac
1993 Mexico
Peu après  Zanatepec, nous entrons dans le Chiapas.


Nous y sommes accueillis par un vent d'une rare férocité. 


Obligés de pousser le vélo pour pouvoir avancer. Les camions roulent au ralenti, pour éviter d'être propulsés dans le fossé. Incroyable. Nous n'avions jamais connu cela.  Dans les rafales, nous bloquons les freins pour ne pas reculer..... A la nuit tombée, nous avisons un petit village dans l'espoir de trouver un refuge. Le groupe de jeunes réuni sur la place centrale nous prend tout de suite en main. Après quelques coup de fils, nous avons le choix... La salle de "organización proletaria", ou la salle paroissiale... Nous choisissons Don Camillo. La pièce à l'avantage d'être plus tranquille de posséder l'électricité et les commodités.


Au Chiapas, nous retrouvons la montagne.


Le paysage change, les températures baissent. Nous revêtons le pull et le soir, nous glissons avec plaisir dans le duvet....


En 1993, à  Tuxtla Gutierrez nous nous étions fait héberger à l'université.

1993 Université Tuxtla
Aujourd'hui elle est fermée. Les étudiants et leurs professeurs sont en grève, pour contester une future réforme de l'enseignement.


Un petit détour par Chiapa de Corzo


avant d'attaquer la magnifique route nous menant à San Cristobal de las Casas.


 Dans ces montagnes, nous entrons dans le monde des Mayas. Les villages indigènes que nous croisons sont haut en couleurs.



Que ce soit aux champs ou dans la vie quotidienne, toutes les femmes de 12 à 70 ans portent dus robes en poils de brebis et transportent un enfant dans le dos, enroulé dans un tissu coloré.. Les scènes de la vie locale nous émerveillent.


 Les enfants menant le cochon au bout d'une laisse, Les fardeaux de bois chargés sur les dos robustes des villageois....

Arrivé à San Cristobal, nous ne reconnaissons rien. Le village est devenu une ville. Les faubourgs accueillent des super marchés, un cinéma. Une autoroute relie la ville à Tuxtla... Le centre ville a été embelli.

Autour de l'église Santo Domingo, les indiens descendus des montagnes sont toujours là pour vendre leur artisanat.



1993 San Cristobal de las Casas
1993 San Cristobal de las Casas
1993 San Cristobal de las Casas

Le 12 novembre, c'est la fête de Notre Dame de la Guadalupe.


 Dans tout le Mexique la vierge est célébrée.


Nous sommes aux premières loges pour assister à la dévotion qui lui est apporté. De tous les villages alentours, arrivent des pèlerins. En venant nous en avions doublés quelques groupes.


De tous âges, souvent pieds nus, dormant dans les fossés ils ont parcourus des distances élevées pour arriver ici.. Les communautés un peu plus riches ont une voiture suiveuse,


 décorée de ballons et du portrait de la "mère du Mexique".   Sur la colline dominant la ville,


où est construite l'église de la Guadalupe, c'est une procession ininterrompue.


 La mine défaite, les habits sales, ils ont encore la force de crier haut et fort leur adoration.


Ici comme partout en Amérique latine, tout est prétexte à faire la fête. C'est donc dans le joie, le bruit des pétards,


les clowns, les manèges qu'est célébré ce jour unique.


Après 5 jours de repos et de festivités, nous reprenons la route direction Palenque.


Tout au long de la route, les cascades aussi impressionnante que rafraîchissante nous tendent les bras.


1993 Cascade Agua Azul

1993 Cascade Agua Azul
1993 Cascade Agua Azul
Nous ne visitons pas les pyramides Mayas de Palenque, y étant passé quelques années auparavant.

1993 Palenque site Maya
1993 Palenque site Maya
1993 Palenque site Maya
1993 Palenque site Maya
Par contre, nous savourons, au pied de la cascade Misol-Ha, notre dernière étape Mexicaine.


Dans quelques jours : Le Guatemala. 


MEXIQUE : Manzanillo - Zanatepec.(14 novembre - 5 décembre 2015)

En partant de Manzanillo, nous avons le moral en berne et pédalons sans joie. Nous venons d'apprendre que Paris à été la cible de "fous d'Allah. Incroyable. Nous sommes abasourdis.
A chacun de nos arrêts, quand nous déclinons notre nationalité, nous recevons des messages d'amitié, de soutien, de compassion et même d'excuse...  Pour beaucoup de personnes, la France est un phare pour la liberté des peuples et la démocratie.
Avec toutes ces conversations, nous prenons conscience que malgré notre statut de touriste, nous représentons un pays, que nous en renvoyons l'image.

A la plage de El Faro de Bucerias, nous campons avec un groupe de séminaristes.


Bien sympa, bien joyeux, nous passons une agréable soirée. Au matin, nous prétextons la route à prendre pour échapper à la messe. Car ici au Mexique, la religion est encore bien présente. Il n'est pas rare de voir les églises remplies pour la messe quotidienne.

Sur la minuscule plage de Pichilinguilo, au crépuscule, nous assistons au retour de la pêche et à la façon bien particulière de "garer" les bateaux.


La technique consiste à prendre le plus de vitesse possible, de relever le moteur le plus tard possible, de viser les morceaux de bois installés sur la plage  et de "glisser le plus loin possible.
Au matin, avec la matée haute, nous nous apercevons que notre tente n'est qu'a un mètre des vagues.


L'état de Guerrero est réputé pour être le fief des narco-trafiquants et autres mafieux.
Un soir, Luis qui nous accueille dans son futur restaurant nous explique comment il c'est fait enlever en plein jour alors qu'il rentrait chez lui. Cet imposant homme de 45 ans  possède une petite entreprise de pêche qui emploie 10 salariés et possède 3 camionnettes pour livrer le poisson dans tout le pays. Ici, l'enlèvement de personnes aisées contre rançon est chose courante.  Maintenant Luis veut changer de métier. Il veut devenir restaurateur. Son restaurant est prêt. L'ouverture est prévue pour bientôt... Quand la route sera construite...


(Nous pédalons sur une piste et le goudron ne semble pas pour demain...)

C'est d'ailleurs dans l'état de Guerrero que nous avons eu droit, sur la journée complète, à l'escorte discrète de la Police Fédérale.

Nous avons toujours construit nos voyages en traçant un trait entre des villes, ou des lieux qui stimulaient notre imagination.  Acapulco en fait partie.


Nous logeons dans la partie historique de la ville. A coté de la place centrale. Une vraie ville Mexicaine comme nous les aimons. Animée, bruyante, brouillonne. Ou les marchés embaument le poisson, la sueur, les fruits, les fleurs..


Ou les bâtiments peints de couleurs vives attirent l'oeil à chaque coin de rue.


Acapulco est une ville entourée de falaises. Nous y découvrons les plongeurs de la Québrada qui défient le vertige en effectuant des plongeons spectaculaires.


3 secondes de chute libre pour arriver 45 mètres plus bas dans un océan qui offre un cuvette et 4 mètres de profondeur.



Acapulco ville jumelle de Cannes. Ce sont en effet 2 villes assez similaires. Un festival du film. Des hôtels de luxe


 et un nombre de piscine au mètre carré assez impressionnant.


Bien que nous longions le Pacifique, la route ressemble plus à une route de montagne.


Toute en creux et bosse, pas très large et très peu fréquentée. Un vrai bonheur. Pourtant, nous avons l'impression de ne pas avancer. Les distances semblent se multiplier. Le Mexique nous semble interminable. Un petit cou de mou dans le voyage.


A Puerto Escondido, nous soignons notre "blues" en profitant d'un bon hôtel


 et des festivités qui semblent quotidiennes en ce lieu très touristique.


Proche de Salina Cruz, un soir, pris par la nuit (qui tombe très vite), nous avisons une maison bien fleurie pour y demander l'hospitalité. Nous y sommes accueillis par Francisco, sa femme et Jesus leur fils. Avant que nous ayons fini notre demande, nous sommes assis devant un bon plat de viande, avec tacos et sauce piquante.
Francisco, 75 ans, est pêcheur. Nous l'aidons à décharger le reliquat de la pêche du jour.


De quoi remplir 3 congélateurs de poissons et crevettes. Ici la pêche est bonne nous confie t'il.
Le poisson abonde.
Au petit déjeuner nous avons droit à notre kilo de crevettes.


Au moment de faire la photo de départ, la maitresse de maison décide que Patricia doit revenir l'habit traditionnel des femmes du village.


A San Domingo de Zanatepec, alors que nous sommes accueillis par Rodrigo et sa famille,


nous avons définitivement retrouvé notre envie de pédaler. Bientôt nous allons quitter le Pacifique pour rejoindre les montagnes.