USA : Oroville - Seattle (14 juillet - 31 juillet 2015)

14 juillet. Passage de la frontière US.

C'est avec un peu d'appréhension que nous quittons le Canada, Depuis l'Alaska, nous sommes informés que notre "ESTA" de 90 jours continue sa validité durant notre séjour au Canada.
De par la loi, les US, considèrent que tout étranger est un immigrant potentiel. Donc, pour éviter les "visas Run" (entrée-sortie d'un pays voisin pour une nouvelle durée de 90 jours), les séjours au Canada, Mexique et autres iles environnantes, ne sont pas considérés comme sortie du territoire.
Pour faire court, Il nous reste 15 jours avant l'expiration de notre ESTA.

Nous sommes dans la file d'attente du poste de douane attendant que le feu passe au vert pour nous présenter au guichet. L'imposante douanière fait signe d'avancer.
- Une personne à la fois, rester à coté du vélo, ne bougez pas et donnez moi votre passeport. Ne bougez pas j'ai dit...
- Je veux juste mettre mon vélo sur la béquille..
- Passeport. Vous avez de la nourriture, des armes, de la drogue ?
- Non rien de tout ça. (Sauf une sacoche qui déborde de bouffe, mais chut !).
- Où allez vous aujourd'hui ?
- Oroville, c'est pas loin.
- Ok bonne journée...
- Mais en fait, nous n'aurons pas assez de temps....
- Pour Oroville ? Il vous reste 14 jours....
- On voudrait continuer jusqu'au Mexique après....
- Je garde votre passeport, garez votre vélo et allez voir au service d'immigration.
- C'est pareil pour ma femme derrière.
- Une personne à la fois. Allez ranger votre vélo.
- Bien madame.

Au bureau d'immigration, commence toute une nouvelle série de questions, de prises d'empreintes digitales, de photos.
- Vous avez un ESTA ?
- Oui, il se termine le 29 juillet et nous voulons traverser les US pou rejoindre l'Amérique centrale.
- Vous avez de l'argent, un travail, de la famille en France ?
-  Oui, nous voulons juste traverser. Nous voyageons à vélo.
- Vous êtes à vélo ? OK pas de problème. Je vous renouvelle pour 90 jours. Passeports.
- C'est votre collègue dehors qui l'a.
- Bougez pas. Je reviens.


Et voila. nous sommes aux US jusqu'au 11 octobre. Merci aux vélos qui ouvrent les frontières. Ne manque que le feu d'artifice en ce jour de fête nationale.

Parcs nationaux.

Nous commençons (ou continuons) notre périple Américain par l'état de Washington . Le climat est semi-aride et la chaleur étouffante. C'est aussi la région des fruits et nous nous régalons de cerises, pêches, bleuets, abricots, vendus le long des routes.


Pour échapper aux températures top élevées,


nous décidons de traverser le parc National des cascades. La route s'élève rapidement. Nous y trouvons la fraicheur, de jolis cols,


de belles montagnes,


et de jolis lacs.



A défaut d'y trouver de belles chutes d'eau.

Plus à l'Est, à  Burlington, nous traversons le détroit de Jean de Fuca pour arriver sur la péninsule Olympia.


Ne pouvant résister à l'appel de l'ODT (Olympic Discovery Trail), nous suivons la piste qui nous mène à notre second parc national. Au coeur des Rain Forest.


  Ces forêts humides portent très bien leur nom... Nous y roulerons sous la pluie pendant 3 jours,


Ce qui nous privera des beaux paysages de l'Océan Pacifique. Un moindre mal, vu que nous allons suivre la côte Pacifique pendant encore quelques milliers de kilomètres.

Société de consommation...

Après des mois à n'avoir connus que des petits commerces, l'arrivée dans une ville de moyenne importance qui possède un super marché est un vrai plaisir. Nous y déambulons pendant des heures, à regarder les produits qui débordent des étals. Les fruits, les légumes, les produits frais, les 250 marques de pain, les rayons entiers consacrés aux seules "Chips".... Et quand ce jour tombe le 21 juillet....  Tout est prétexte pour se faire un "petit" plaisir. C'est ainsi que pour son anniversaire,


Patricia c'est vue offrir un grille pain,


une machine à Pop-Corn et des friandises. De quoi reprendre quelques kilos....

.... quand tu nous tiens.


Seattle. 

Momentanément nous quittons la péninsule Olympia pour faire un petit détour par Seattle. L'arrivée en ferry depuis Bremerton est grandiose. Même si nous n'avons pas vu les baleines qui régulièrement font le spectacle devant le traversier.


Bien que nous ne soyons pas particulièrement attirés par les grandes villes, Seattle est une ville plaisante.


Montagnes enneigées sur fond de buildings, vaste réseau de pistes cyclables (même si les pentes y sont raides),


quartiers sympas et variés.



Coté visite, il y a le choix. Le marché public,


 la tour Space Needle,


Le front de mer 


et bien d'autres lieux ayant chacun leur particularité.



La pause

Demain, nous mettons sur pause.
Nous laissons les vélos ici à Seattle, chez Susan et Brice,


pour passer 3 semaines de vacances en famille. La petite soeur de Patricia vient nous rejoindre avec son mari et les deux enfants. Nous avons hâtes de les retrouver.







Canada : Prince George - Osoyoos (19 juin - 13 juillet 2015)

Déjà vingt cinq jours que nous n'avons pas donné de nouvelles... Il est temps de rattraper le retard...
Voici les grandes lignes des jours passés :

Parcs nationaux de Jasper, Banff et Kootenay

A peine 500 kilomètres de Prince George. Tout le monde le dit, cette route est une des plus belles du Canada.


Alors pourquoi pas. C'est ainsi que nous arrivons à Jasper, pour traverser 3 parcs nationaux.
Nous nous retrouvons à nouveau en tête à tête avec la faune et la montagne.


Nous avions vu de beaux paysages, mais ici, c'est encore un cran au dessus.


Nous côtoyons les glaciers à pouvoir les toucher, enjambons les canyons,


plantons la tente dans des lieux spectaculaires.


Sans aucun doute un grand moment du voyage. Le détour en valait la peine.
A Radium Hot spring, pour se remettre de ces paysages, il y a les sources d'eau chaudes, Margaret et David.


Ces derniers, en plus de nous héberger, nous indiquent les "incontournables" de la région. (Encore des détours en vus...)

Les amis de mes amis.

Au départ, c'est une histoire de colis non reçu à Fairbanks, réexpédié chez des amis d'amis. C'est ainsi que nous rencontrons Emilie, Hervé,

 Astrid, Ben et les enfants.. Des Franco-Canadiens, venus s'installer ici par amour de la montagne, du cadre, et de la douceur de vivre. Nous resterons deux journées à partager les BBQ et les anecdotes de la vie locale.

La Transcanadienne.

En quittant Kimberley,  nous partons sur la transcanadienne. 10 jours de pistes pour rejoindre Penticton.  Nous attaquons par le "Gray Creek Pass".


Un col comme nous les aimons. Muletier, isolé, difficile.



Après Nelson, cela devient plus facile de la piste classique avec quelques beaux "singles" et des difficultés passagères.


 Au départ de Castlegar, c'est une ancienne voie de chemin de fer, construite en 1915 que nous empruntons. Ici, pas de pourcentage élevé, mais des ponts en chevalet


 et des tunnels (parfois longs...).

 


 Une piste (presque) facile. qui suit régulièrement des rivières et des lacs permettant des arrêts baignades.

En 10 jours, nous ne rencontrerons que deux autres cyclistes sur ce parcours.  Lee Anna et Laurie.


En deux fois, arrêtées au bord de la piste avec un pneu crevé...et bien embêtées pour réparer. La chance du cycliste.. Nous nous sommes croisés à chaque fois au bon moment.... Du coup, nous terminons ensemble jusqu'à Penticton, fin de la KVR


Pour nous remercier et avant de se quitter,  nous sommes invités dans un "bar à vin" classe ou nous avons dégusté un des meilleurs... hamburger accompagné d'un Pinot blanc.... Merci.



Du soleil, des fruits et du vin.

Avec Penticton, fini la disette des fruits. Ici, c'est la région des vergers et des vignes. Cette région semi désertique avec un climat chaud s'y prête à merveille.
C'est la route des vins que nous suivons. Tous les kilomètres il y a les caves (Wineries), ou l'on peut déguster de très bon vins.


Pour notre part, nous nous attarderons plus facilement sur les vergers qui en cette période débordent de fruits. Cerises, pêches, abricots. Et dire que nous pensions avoir loupé la saison... Nous nous gavons de ces fruits qui nous ont tant manqués....


Nous terminons notre périple Canadien à Osoyoos. Lieu de vacances par excellence. Tout y est. Campings archi-bondés, fêtes foraines, boites de nuit, plages en bord de lacs.... Un véritable air de "côte d'azur".  Cela fait du bien, après des semaines un peu tout seuls...



Mardi 14 juillet, nous devrions franchir la frontière des USA.


Canada : Whitehorse - Prince George (30 mai - 18 juin 2015)

Dix neuf jours de vélos pour rallier Prince George distante de deux mille kilomètres de Whitehorse.
Nous vous résumons ce passage de quelques morceaux choisis : 

Le lièvre et les tortues : 

En quittant Whitehorse, nous sommes rattrapés par Joshua. Un cycliste Australien parti de Fairbanks pour un tour du monde. 2 sacoches arrières uniquement. il mange froid et dort dans un hamac. Son objectif rallier Ushuaia en moins d'un an. Distance par jour : 200 kilomètres. 
Nous roulons un peu ensemble, mais il est évident que nous ne tenons pas le rythme. Notre première rencontre pour un même trajet jusqu'au sud.


Sur la Cassiar Highway, nous croisons également Beatrix et Juan. Eux arrivent d'Argentine. Partis en 2013, ils prennent leur temps pour arriver à Anchorage terme de leur périple. Nous échangeons les informations sur nos routes en se préparant un bon repas chaud à l'abri de la pluie.


Les pieds nickelés font du vélo.

De Whitehorse à Watson lake, nous suivons l'Alaska Highway. Sur cette route il y a de belles parties avec de magnifiques paysages. Il y a également des parties un peu plus monotones quand la route serpente entre les forêts. Précisons également qu'il n'y a rien. Pas d'habitations. Seulement quelques très rares panneaux d'indications.


Ce matin là, nous quittons un superbe lieu de bivouac au bord d'un lac. Bille en tête, nous reprenons la route. Nous roulons bien. L'esprit vagabondant ou bon lui semble, nous en oublions la route. Il nous faudra 60 kilomètres pour nous rendre compte que nous sommes en train de pédaler dans le mauvais sens. C'est en croisant un panneau indiquant la prochaine station service à 30 kilomètres que nous réalisons que nous y sommes passés la veille.... Aucun de nous deux ne s'est rendu compte avant de cette bévue.
Au bout de cent vingt kilomètres, nous arrivons à notre lieu de départ. Dire que nous aurions pu passer cette journée maussade dans le duvet.... De rage, mais surtout histoire de dire que nous avons quand même un peu avancé, nous continuons la route, battant ainsi notre record de kilomètres en une journée. 
Fatigués, nous plantons la tente 20 kilomètres plus loin que la veille. Le compteur totalise lui 140 kilomètres. Jurant que l'on ne fera plus la même erreur, nous traçons une flèche sur la route nous indiquant le chemin à suivre.


Seuls au monde : 

Sur l'Alaska Highway, il n'y avait pas grand chose. Sur la route 37 qui relie Watson lake à Kitwanga, (également appelée la Cassiar Highway) c'est encore pire. Il faut avoir des provisions pour plusieurs jours. 


Par malchance un peu avant Watson lake, j'ai cassé notre réchaud à essence. Le raccord de la pompe n'a pas résisté à une mauvaise chute. Nous nous retrouvons donc avec uniquement la partie gaz pour nous concocter de bons petits plats (à base de pâtes ou de riz). Confiant en la "grande" ville du parcours, Watson lake et ses 1000 habitants, nous faisons le détour (42 kilomètres A/R) pour nous ravitailler en nourriture et en gaz. Nous trouvons un superette, mais pas de bouteilles de gaz. En faisant le tour de la ville (ce qui est très rapide), nous comprenons vite que nous n'en trouverons pas avant Prince George, soit 14 jours. Les repas étant pour nous le carburant qui nous fait avancer, mais également et surtout le plaisir du soir, nous décidons d'investir dans le réchaud "local", avec la certitude de trouver des recharges de gaz dans tous les commerces. Encombrant et lourd, il nous dépannera bien.

Quelques jours plus tard, nous croisons Patrick. Persuadé qu'au pays de "MSR", il pourrait changer ses cartouches de gaz.... Cela fait une semaine qu'il mange froid à même la boite de conserve.... Nous lui offrons l'unique bouteille de gaz nous restant de l'ancien réchaud. Il pourra enfin manger chaud, car les températures sont bien basses.


Les rencontres : 

Enormément de rencontres avec la faune. Nous avons plus rencontrés d'ours que d'humains.... Parfois 6 ours en une journée. En fait, ces gros mammifères plantigrades sont plutôt froussards (et c'est tant mieux).  Dès qu'ils nous entendent ils détalent. Nous les aperçevons sur le bord de la route un peu balourds (pour ne pas dire Baloo...). A notre approche, ils se dressent sur leurs pattes arrières pour identifier les intrus. Puis continuent leur route, ne prêtant guère attention à nous...
C'est surtout la nuit que nous les craignons, car notre tente n'est pas "Bear Proof" et que notre nourriture n'est pas à partager....


Parmi les rares rencontres humaines, nous avons déjà cités les cyclistes. Mais n'oublions pas nos amis pêcheurs du lac Kinaskan. Avec leur énorme caravane, leur immense Pick up, leurs sièges à l'effigie du Canada. Après avoir répondus aux questions d'usage sur notre voyage, ils nous invitent à leur table. Une réserve de vin à faire pâlir Depardieu, Du bon vin blanc du Chili, du poisson... Nous passons une agréable soirée, avec en prime une réserve de poissons pour le lendemain.


Il y a aussi la rencontre avec Mickaël Toma. Photographe professionnel de vie sauvage. Avec un bon verre de vin (rouge cette fois-ci), nous admirons ses photos pendant qu'il nous explique les heures de planque dans la neige, le repérage des traces. Passionnant.


La rencontre avec Karl. Alors que nous attendions sous un maigre toit que l'orage passe, il est venu vers nous avec son énorme 4x4. Une fois les présentations faites, ils nous a proposé de charger les vélos et de nous emmener chez lui pour passer la nuit au sec. En arrivant nous ne sommes pas les seuls invités. Un Chinois et une Japonaise sont déjà présents depuis quelques jours dans l'immense maison. En fait, c'est un prédicateur d'une des nombreuses églises du coin dont je ne me souviens plus du nom (Le Christ qui saigne et pleure son retour ou quelque chose comme ça...) 
Nous avons droit à la totale. La bénédiction du repas, les affiches aux murs.... Et un excellent repas avant la bonne nuit.  Le matin nous quittons la maison. Tout le monde est déjà parti....
Merci pour ce chaleureux accueil.

les paysages : 

Toujours aussi magnifiques. Un peu moins quand il pleut, ce qui est le cas un jour sur deux...
Nous faisons même un détour sur Stewart pour admirer le "Bear glacier" dont nous ne voyons pas le sommet. 


En fait, les 130 km de détour pour Stewart nous ont surtout permis d'aller nous approvisionner, étant donné que c'est le seul village. En plus, il est frontalier avec l'Alaska, ce qui nous permet de retourner aux USA. (Il n'y a pas de poste frontière) et de suivre la rivière ou les ours viennent s'approvisionner en Saumon....fin août.


Pour le reste, toujours de belles montagnes, de beaux lacs...
Un pur bonheur de rouler ici.